J'ai peur, je pressens l'erreur arrivée, pour des sentiments qui devraient être mais qui ne sont pas. J'ai hais mon corps, je hais mes idées, je hais mon être décalé. L'océan glacial de la vie porte de son courant mielleux les voiliers des amoureux étrangers, alors que moi, j'ai dessalé, et je suis prise dans un tourbillon tragique, une torpeur de l'avenir, déconcertée par ce que j'ai fait de mon existence. Je me jette à l'eau, je souhaite couler, retrouver cette dignité anciennement inestimée dans les bas fonds. Allez y, bouffez moi requins et musaraignes, j'ai dors et déjà vos crocs plantés dans ma chair, car le plus grand des maux c'est abattu sur mon impersonnalité. Je ne me supporte plus, je ne supporte plus de sentir mon c½ur battre, je ne supporte plus de me savoir vivre. Fardeau flottant dans un univers d'inutilité, boulet pour des amis prisonniers, enclume pour une planète qui se passerait bien de moi. Qu'est ce qui m'empêche de couper les chaines ? L'asphyxie, je la vie déjà en moi-même, j'étouffe dans le trou noir de mon nombril et je n'arrive pas à en sortir. Si je grimpais, jusqu'à en tomber de fatigue, sur une falaise intime, la roche compatissante pour m'accompagner au sommet, avant de lâcher totalement prise une dernière fois, ultime moment de faiblesse inrenouvelable, déception unique. Si cette nuit éphémère garde pour elle la trace de mes larmes, demain la pierre immortelle aura ensevelis ma disparition. Il ne restera de moi que des ½uvres et des ambitions inachevées, car je n'ai ni le talent ni la force d'aller au bout, je suis fille du pitoyable et du rabaissement, lassée de moi-même, lassée de ces pointes au c½ur. Je n'ai pas su aimé, je n'ai pas su ravaler ma haine, et je ne sais plus me taire de cette souffrance qui parcourt tout les temps, qui passe même au travers de l'inhumanité. Je me suis enflammée pour mon ennemi, et je dédaigne un c½ur sûr mais qui m'ennui, mon Dieu mon rêve n'est plus qu'un spleen lassant, mes désirs se tournent vers ce que je méprise et je brule le conte de mes 18 années d'espoirs. Dans cette guerre je suis ma propre traitresse, je suis la macro de ma putain charnelle, et aujourd'hui ma conscience est en vacance, il n'y a plus de police pour surveiller tout mes vices. Une dépravée internée, ça n'a pas de sens, rien ne me sauvera donc de ma folie pécheresse ? Je jette les armes, mon mat pris dans les courants funestes de la décadence ne veut se redresser, mais repartir semble légèrement compromis, la tornade de l'avenir est déjà loin, elle m'a oubliée là, dans son sillage, je suis une habitante du passé et du conditionnel. Aurais-je le cran d'être mon assassin ? J'entends déjà rire mouettes et goélands, rapaces détestables qui piquent l'échouée, et ils ont raison, car il n'y a pas plus ridicule que ces rhétoriques communes et pathétiques. Encore une fois je réclame le pardon pour ma médiocrité, mais j'ai une excuse, une justification pour ce texte dégueu : C'est tout simplement mon sentiment momentané. Je suis haïssable, mais ne vous en faites pas, tous... tout n'est finalement, que passager.
Malvina